Le pic depuis la route           La vallée avec le Pic de la Fare à gauche.


Dans l'ouvrage de Félix Germain, il existait déjà une voie sur ce sommet. Longue de 1300 mètres, le commentaire stipulait que le rocher y était meilleur que dans le reste du massif. Cependant à l'époque, il n'y avait pas de goujons alors les vires, fissures herbeuses et autres dièdres terreux était le chemin obligatoire.

Les temps ont changés et quand J.M.Cambon vient ouvrir dans Belledonne, il ne se déplace pas pour rien. Voici donc dans sa fameuse escarcelle de grimpeur une voie de plus de mille mètres avec 50' d'approche (sans doute un record mondial de rendement).

La voie est coté TD avec beaucoup de 5 et des longueurs de 6a/6b.

Elle est faisable dans la journée (meilleur horaire : 5h30 de montée, 2h20 de rappel !!!)
Par contre pas mal de cordées ont certainement bivouaqué ou fait demi-tour avant le sommet vus les mails que l'on peut trouver dans diverses liste de diffusion.

L'équipement semble excellent et suffisamment abondant pour éviter les coinceurs mais bon c'est des mails et chacun voit midi à sa porte.
Pour descendre, il faut prendre les rappels plutôt que d'essayer de descendre par le sentier qui est à priori une option galère.

Le topo (page Web du site de Olivier Mansiot - FFME www.expe.com).

Si vous voulez essayer plus cool, rendez vous à la Tour de l'Homme.

Ci-joint un commentaire glané sur l'excellente liste de diffusion de Sites d'escalade du Dauphiné - FRANCE.

L'accès au pied de la voie est assez rapide (compter environ 3/4 d'heure depuis la voiture ( sentier, cordes fixes)).
La face se décompose grossièrement en 3 ressauts.

Le premier est assez vertical sur un rocher qui ressemble à du gneiss mais fort peu adhérent. On sort de cette partie en V+/6a avec quelques rares pas un peu plus durs au bout de 8 longueurs par une escalade plus couchée et plus facile. Par contre on grimpe parfois avec un pied dans l'herbe et l'autre dans la terre. Il y a aussi pas mal de traces d'impacts de cailloux qui donne un caractère "montagne".

Le deuxième ressaut est moins vertical que le premier et également moins intéressant du point de vue de l'escalade à cause d'endroits assez mouillés et de la terre qui salit le rocher. On cause, on cause mais on arrive déjà autour des 15 longueurs ce qui est déjà appréciable. La se situe une deuxième zone de vires avec des cailloux, de l'herbe, des arbres. On traverse cette partie plus ou moins corde tendue. Petit à petit les dalles qui  étaient à plat se redressent et l'escalade est plus jolie et plus saine. Ce n'est pas dur (V) mais le rocher est un peu plus propre.

On arrive tranquillement au pied du dernier ressaut vers la 20 ème longueur : ça tombe bien car on commence à être chaud. Le tracé suit une rampe inclinée puis des murs assez verticaux. Le rocher est un peu différent: il tire vers le granit licheneux qui caractérise Belledonne. La paroi devient verticale et l'escalade plus soutenue. C'est par la que j'ai commencé à visualiser mentalement une pinte de bière bien fraîche avec la buée sur le verre et tout... En même temps, la notion d'escalade libre devient plus floue d'autant qu'on commence à se demander combien de temps il va falloir pour descendre et s'il reste des piles dans la frontale. Malgré tout cette partie est la plus jolie : ne manquez pas la 35 ème et dernière longueur de toute beauté !

Et après vous voilà sur un vrai sommet bien isolé ou peu de pieds se sont posés là ou vous avez vos mains. Une petite collation et c'est déjà le retour.

Ah ! la joie de 25 rappels ! la descente longe approximativement la voie mais parfois les rappels sont un peu excentrés. Ils sont souvent balisés par un ruban coloré genre délimitation de zone de travaux, ça aide à les repérer. Néanmoins cela nous en avons loupé quelques uns mais on peut se raccrocher aux points de la voie. Dans les ressauts verticaux la descente est rapide mais dans les vires avec les cailloux, c'est un peu plus lent...

En résumé, l'intérêt de cette voie réside surtout dans la longueur de l'itinéraire plus que dans la beauté des mouvements (évitez les "Five ten" bien précises sous peine d'amputation à la fin de la journée). Nous avons mis 9 heures pour monter et environ 3h30 pour descendre, ce qui fait prêt de 12 heures au total. Il faut donc une assez grande journée pour ne pas à avoir descendre de nuit. L'équipement est pléthorique. [B. André et S. Ravel, 8-Août-2000]